Category Archives: Français

Taper, à l’école…

Eh oui, à l’école, on doit savoir taper… A l’ordinateur ! Et cela s’apprend très tôt, si l’on ne veut pas finir avec deux index sur-musclés.

Je vais vous présenter une “méthode”, en ligne, pour apprendre à écrire à l’ordinateur avec tous les doigts… Cette méthode me plait assez, je dois dire… J’apprécie que l’ordinateur retrouve sa place d’outil.

Cette Application vient tout droit du Canada, c’est “TypingPal“. La version Française se nomme “TapeTouche“.

 

typing-pal_logotaptouche_logo

 

 

Il faut souscrire à un abonnement à l’année, pour un établissement, et le tour est joué !!!

Je sais, c’est payant… Mais c’est efficace et ludique. Mes élèves en raffolent. Et les progrès arrivent rapidement.

Concrètement, une fois l’école abonnée, chaque enfant se retrouve avec un compte personnel. Il doit effectuer des séries d’écritures “au kilomètre”, de difficultés croissantes: lettres, groupes de lettres, mots, phrases et enfin textes, le tout sans regarder le clavier.

Voici un exemple:

taptouche-39

Dans cet exemple, les élèves recopie la séquence de lettres (et “espaces”) dans les cadres blancs.

C’est fortement inspiré des vieilles méthodes de dactylo pour la machine à écrire, mais c’est bien adapté aux élèves.

En général, je suis un adepte des App gratuites, mais celle-là vaut le coup !

Une petite explication en vidéo:

Le but étant, vous l’aurez compris, de taper vite et non de taper fort !

Sur ce, ami(e)s de la pédagogie,

à bientôt.

EMS

La production d’écrits…

écrire avec la souris

Le chat de Philippe Geluck

Bon, aujourd’hui, je m’attaque à un gros morceau ! La production d’écrits.

En effet, j’en suis à ma 6ème école maintenant, et c’est toujours la même chanson. En début d’année, quand je lance une production d’écrits, la première question posée est: Combien doit-on écrire de lignes ?!!!

C’est dingue… En plus, quand je gère les premiers jets c’est tout pourri pour la majorité !

Alors, Comment, pourquoi, euh ???… 

Tout d’abord, ma première remarque serait que tous les enfants savent très bien ce qu’ils produisent: les “bons” savent qu’ils écrivent plutôt bien (et c’est vrai !!!) et les “moins bons” savent qu’ils écrivent de la m… (Et c’est vrai aussi !!!), ce qui amène forcément des tactiques d’évitement.

Ensuite, et c’est lié à la première remarque, quand il faut corriger, c’est vite le calvaire ! Pour les enfants, comme pour nous. Puisque qu’il y a des disparités énormes entre les élèves. Entre ceux qui n’ont presque rien à faire, ceux qui ont 2 pages à revoir, ceux qui ont seulement 3 lignes (mais avec des erreurs partout)… Là, la motiv’ en prend un sacré coup.

Et puis, et surtout: pourquoi écrire ? Surtout que la récré n’est plus très loin…

Bref, fort de ces constatations, je pratique depuis quelques années des P.E. en m’inspirant de la simulation globale.

Je pense d’ailleurs que Julien se rappellera notre projet d’écriture avec “Google doc”. Nous en avions parlé en commentaire ici.

Pour faire simple, il s’agit de créer un univers (prenant pour les enfants), de leur attribuer un personnage (à la façon des jeux de rôles) et de les faire interagir au gré du narrateur (c’est-à-dire nous).

Le but étant d’écrire, d’écrire et d’écrire encore ! Parce que c’est en écrivant qu’on devient écriv…

Le seul problème à l’horizon, c’est que vous allez devoir remettre en cause tout (ou presque) ce que vous faisiez avant (pire des cas…) concernant la conception d’un projet d’écriture, depuis l’impulsion jusqu’au rendu final en passant par les phases de corrections.

Je sais que ça fait un peu vendeur de poudre magique… Mais je vais vous montrer quelques exemples extraits de ma classe, cette année. Je ne vous montre que ceux qui avaient le plus de difficultés à rentrer dans l’écrit. Pour les autres, ça n’a pas vraiment changé : c’était bon et c’est resté bon !

Elève 1 (avant correction):

Elève 1

Elève 1, au bout d’un mois (avant correction):

Elève 1 au bout d'un mois

Elève 2 (avant correction):

image3

Elève 2, au bout d’un mois (avant correction):

image4

Elève 3 (avant correction):

image6

Elève 3, au bout d’un mois (avant correction):

image7

Cela me semble assez significatif ! Ils écrivent !!! Plus et de meilleure qualité.

Et je n’ai montré que 3 exemples, mais 100% des élèves qui avaient des grosses difficultés (au nombre de 7) ont énormément progressé. Pour les autres, les progrès sont également visibles, mais moins spectaculaires : c’était bon (voire excellent) et ça l’est resté !

Concernant la correction, Il faut vraiment “dé-diaboliser” cette étape. C’est lourd et ça peut être quasi insurmontable pour certains…

Pour cela, je vous conseille de poser quelques règles de départ:

1. On écrit uniquement au crayon à papier. Eux, comme moi !

2. J’use et j’abuse de ma gomme. Quand je me trompe ou pour faire des corrections

3. Je pense mon “écrit” avant d’écrire. L’enseignant circule beaucoup, au début, pour donner l’écriture des mots demandés par des élèves ou faire verbaliser les idées.

Attention ! Vous l’avez remarqué, les écrits deviennent conséquents. Ne vous noyez pas, corrigez en temps réel. J’interviens directement sur les écrits des élèves: je gribouille, je barre, j’ajoute un mot ou un petit conseil. Les élèves en tiennent compte en direct et se corrigent : ils gomment (mes conseils, mes corrections et leurs erreurs) et réécrivent !

Je vais vous mettre en ligne les docs que j’ai créés pour ce travail. Je suis bien évidemment dispo si vous avez des remarques ou si vous voulez mettre en place un projet de ce type. Ce n’est pas si lourd à mener et surtout, c’est vraiment payant. Y a enfin des trucs potables à corriger. C’est un peu rude dit comme ça, mais faut être réaliste. Corriger 3 lignes n’a aucun intérêt pour nous et encore moins pour les élèves. Surtout que bien souvent, ces 3 lignes ont été enfantées dans la douleur ! Alors, si en plus faut y revenir…

Encore trop souvent, le processus de correction est conçu comme la finalité d’un projet d’écriture. Or, une production d’écrits est avant tout une situation d’écriture. La correction étant “seulement” une partie du processus et surtout elle a plusieurs formes (cool, d’autres articles en perspectives) !

Alors, avant de lancer les élèves dans un projet souvent le pâle reflet de ce que font les adultes, demandons leur un travail d’enfant, avec les exigences qui vont avec. Ce n’est d’ailleurs rien d’autre que ce que l’on peut lire dans les IO !

 

Bonne écriture,

Bonnes vacances

de décembre,

Et à bientôt,

EMS.

Projet Shéma Narratif (cahier d’aventure):

1. Situation initiale: le Lieu et mon personnage et une banque de mots

2. Elément déclencheur: la lettre avec une aide

3. Les péripéties: départ et péripétie

4. Dénouement: solution ?

5. Situation finale: vous êtes libre (voici la mienne) !!!

Vous agrémentez de photos, de dessins, de lectures, et le tour est joué !

Mais si, c’est de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire !

Le sujet abordé aujourd’hui est, comme le titre l’indique, la conjugaison… He oui, depuis les IO de 2008, la conjugaison est intégrée à l’apprentissage de l’orthographe, de la grammaire et du vocabulaire. Mais pourquoi donc me direz-vous ? Ma réponse serait: mais pourquoi donc si tard ? Euh…

Pour comprendre ma “réponse”, il faut que je remonte à mes années IUFM (2001) ! A cette époque, notre enseignante de français, qui se nommait Carole TISSET, nous enseignait (ou plutôt tentait de nous présenter à nous autres débutants) les dernières nouveautés didactiques. C’est donc par son intermédiaire que j’ai découvert d’une part que tout je que j’avais appris en français pouvais être remis fortement en question(s) et surtout, d’autre part, que l’on pouvait enseigner différemment “d’avant” ! J’ai donc fait mon entrée dans le métier avec deux belles grosses incertitudes. La classe ! Etant plutôt un adepte du questionnement de la question et de la recherche de réponses, ce fut une belle expérience.

Je vais essayer de vous donner un petit aperçu de ces fameuses nouveautés avec le cas de la conjugaison. Let’s go !!!

 

Commençons par les contradictions ! Pour la majorité des gens, la conjugaison pourrait se résumer à ça:

conjugaison1

 

Ce bouquin recense 12 000 verbes, pour chaque verbe il y a 100 formes (96 formes + 2 infinitifs + 2 participes), ce qui fait potentiellement 1 200 000 formes à connaitre. Le cauchemar !

Et pourtant, cet outils a priori destiné à “l’expert” (= celui qui maitrise les règles de conjugaison et qui l’utilise comme un “dictionnaire”), se retrouve utilisé comme un outil d’apprentissage !!?!!? Petite contradiction ?

 

Et à ça:

Tous les verbes se regroupent en 3 groupes: les verbes du 1er groupe se terminant par “er”, les verbes du second groupes qui se terminent par “ir” et font “issons” avec le pronom “nous”, et le 3ème groupe contenant tous les autres…

Or, d’après les spécialistes, le savoir qui consiste à dire si un verbe est du 1er (verbes du type « chanter »), du 2ème (verbes du type « finir ») ou du 3ème groupe (tous les autres) est totalement inutile, pour les raisons suivantes :

  • C’est un faux classement: Si le premier groupe a une réelle existence et une réelle efficacité puisque les verbes réguliers en -er sont extrêmement nombreux (11500 sur 12 000 verbes environ en français contemporain), le deuxième groupe est très restreint et n’a pas une grande fréquence d’utilisation alors que le troisième groupe est totalement artificiel et hétéroclite, regroupant des verbes très fréquents mais sans aucun repère de fonctionnement.
  • Reconnaître qu’un verbe est du troisième groupe ne dit pas comment il se conjugue. On se trompe d’objectif à chaque fois qu’on privilégie l’étiquetage plutôt que l’usage.

 

La réponse apportée pour lever ces contradictions est de rechercher les régularités du système. Parce que ce système est régulier à 80% (voir lien en fin d’article). Ce qui change dans le verbe, c’est d’abord  le radical ! On en revient donc a un problème de vocabulaire…

On peut ainsi constituer trois ensembles :

  • Les douze verbes les plus fréquents : être, avoir, faire, dire, aller, pouvoir, voir, savoir, vouloir, devoir, venir, falloir à savoir par cœur.
  • Les verbes réguliers en –er (du type « chante ») ou en –ir (du type « ouvrir ») qui sont simples et très nombreux (11500) mais pas d’un usage très fréquent : ce sont les verbes dits en « e » (cf 1ère personne).
  • Les autres verbes dont le type « finir » (150 environ) et le type « prendre » (150 environ) : ce sont les verbes dits en « s » (cf 1ère personne).

 

conjugaison2

 

Cela pourrait se traduire en classe par une activité de tri sur un corpus choisi de phrases, suivi d’un classement avec repérage des régularités. A l’issue de ces séances, on peut créer un document ressemblant à ce que j’appelle le conjugatron (à plastifier pour pouvoir manipuler). Voici un exemple de ce que j’ai obtenu avec ma classe de CM1 après deux séances sur le futur:

conjugaison3

 conjugatron-futur

Il faut ensuite entrainer les élèves à utiliser cet outil, lors de réinvestissements judicieusement choisis !

Jusque-là, je trouve cette méthode plus intuitive, logique et surtout beaucoup plus simple pour les enfants. Perso, je trouve ça génial. Et le top du top, c’est quand la méthode est installée dès le début (à ce niveau, ça devient une prog de cycle) ! Ainsi les élèves savent trier, classer, ordonner,… Bref, utiliser des outils linguistiques. On est dans l’étude de la langue et dans les programmes de 2008. Sauf que c’est ce que j’ai appris en 2001… Comme on dit, mieux tard…

Voilà pour ce petit exemple, au passage je remercie Mme Tisset pour ses cours cours toujours très (trop) intéressants et vous conseille au passage la lecture de ce livre:

conjugaison4

Il est rouge comme l’autre, mais beaucoup plus digeste !

Maintenant, le débat est tout vert. Si vous avez des questions, j’ai des réponses… Si vous avez des réponses, j’ai des questions… Essayons de voir si ça peut coller !

Dans tous les cas, à

bientôt pour d’autres

petites idées pédagogiques.

EMS

Rechercher sur moteur PE

MoteurPE, moteur de recherche pour professeurs des écoles

Le coin du bon sens

My Instagram

Something is wrong.
Instagram token error.