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Une situation problém(atiqu)e ?

situation problème

Pour entamer l’article d’aujourd’hui, je voudrais citer une phrase qui me plait beaucoup et qui fait un peu partie de la philo de ce blog: “Plus vous enseignez, moins ils apprennent !”

Je pense que ça résume assez bien notre quotidien. En effet, qu’on le veuille ou non, faire une séance façon cours “magistral” ne marche pas (même dans les “beaux” quartiers). Les rapports et autres études sont assez nombreux sur ce sujet. En gros, en faisant ça, on “joue” à enseigner et les élèves “jouent” à apprendre. Tout le monde fait semblant et c’est bien plus simple comme ça !

Et c’est bien là le fond de la question: cette simplicité recherchée par tous ! Or, elle n’est qu’apparente. 

On va d’abord se mettre d’accord sur le terme simplicité. Il faut entendre “y” passer le moins de temps possible pour le meilleur résultat (ça s’appelle le rendement) ! Du côté de l’enseignant cela se traduira par: “je ne vais pas y passer mes week-ends et mes vacances”. Et du coté des élèves ce serait plutôt du: “Qu’est-ce que je fous ici, alors qu’il fait si beau ailleurs ?”… Bref, personne ne veut faire le “vrai” boulot. 

Parce qu’en définitif, on se plaint que les élèves ne pigent rien et n’apprennent pas (nos belles évals à l’appui) ; Et les élèves sont complètement largués (en majorité) à cause des notions non véritablement acquises. Il n’y a qu’à regarder les résultats nationaux aux différentes évaluations et ex-évaluations pour voir que question rendement, c’est plutôt mauvais pour tout le monde…

Je n’ai malheureusement pas THE baguette magique (parce que la magie n’existe pas) mais UN début de réponse:

Ce sont les situations problèmes !

Il s’agit de mettre les élèves en situation d’apprentissage par le biais de vraies situations problèmes. Je sais, ce n’est pas nouveau… Hé ben si ! Parce que la plupart des méthodes ou des écoles en faisant (soi-disant), ne sont pas de vraies situations problèmes pour les enfants (je vous invite à lire, ici, les propos de Meirieu). 

C’est pourquoi, le mot que vous allez devoir garder en tête lors de vos préparations est le mot “sens” ! En effet, c’est ce qui fait souvent défaut à nos situations d’apprentissages, qui, au maximum, en ont pour nous… Et encore… Dire: c’est dans les programmes ! Ne suffit pas à y mettre LE sens, malheureusement. En effet, il faut que nos séances aient le même sens pour nous et pour nos élèves, sinon c’est à sens unique…

L’idée de base est simple, puisqu’il s’agit pour les élèves d’atteindre un but “atteignable”, en mobilisant au passage les compétences que nous avons ciblé (au moins). C’est donc le “chemin” parcouru par l’enfant, qui va être important. Et le top, c’est que vous pouvez créer des situations dans toutes les domaines, pour toutes les compétences et à tous les niveaux du primaire au secondaire, et même plus. Seule votre imagination sera votre limite !

Pour vous aider dans cette tâche, voici deux “livres de chevet”:

situations problèmes 1

Des exemples et des idées !

situations problèmes 2

Un petit condensé de la démarche…

Pour ma part, ce qui me plait dans cette démarche, c’est que c’est surtout anti-chiant à préparer et que mes élèves sont à 2oo%. Et ça, c’est important pour moi, puisque je suis plutôt un adepte de l’efficacité. Et puis, je trouve assez intéressant l’idée de concevoir l’apprentissage comme étant une recherche (très guidée) pour l’élève. 

Pour ceux que ça intéresse, je peux donner des séances, des idées, de l’aide, suffit de demander. Mais ça ne remplacera jamais votre précieux travail !

Pour terminer, je crois qu’il faut que l’on soit bien d’accord avec que le fait que chacun (enseignant et élève) doit se retrousser les manches ! Attendez, ne partez pas, j’ai pas fini (y a encore des lignes en-dessous). Ensuite, NOUS (enseignants) nous allons devoir faire le premier “pas”, hé oui (si on attend que les enfants commencent)… Revenez, j’ai toujours pas fini. Et pour finir, va falloir avoir un bon rendement: vous voyez que vous avez bien fait de rester !!! Mais quand je parle de rendement, c’est de celui avec un grand R… Celui qui veut dire: n’en faites pas une tonne parce que vous êtes ultra-motivé, restez dans votre sujet !

Sur cette petite note finale, ami(e)s de la pédagogie,

à bientôt !!!

EMS.

Utiliser les N.O.P. en classe (2)

Le “cas” des tablettes !

tablette-tactileIl est temps de poursuivre un sujet entamé il y a quelques semaines à propos de l’utilisation des nouveaux outils pédagogiques en classe (consultable ici). Dans la première partie je vous faisais part de mon intérêt pour les tableaux numériques, ou à défaut un vidéo-pro. Aujourd’hui je vais vous parler des tablettes tactiles.

Faisant partie de plusieurs projets pilotes en classes tablettes depuis bientôt 3 ans, je voulais faire un premier “gros” retour sur mon expérience.

Tout d’abord, pourquoi utiliser des tablettes ? Pour répondre à cette question, je vais m’appuyer sur le “bon sens”: c’est plus simple, plus intuitif, tactile et surtout moins encombrant ! Bref, c’est mieux qu’un ordinateurs traditionnel pour tout ce qui concerne nos tâches quotidiennes comme la lecture d’emails, l’utilisation de traitement de textes, l’écoute de musique ou encore la lecture de livres ou de vidéos (tout ce que l’on utilise à l’école).

Ensuite, il faut savoir que depuis la fin 2013, en France, les ventes de tablettes on dépassées celles des PC. D’après un article paru dans une revue économique puis relié par certains blogs (lien ici). En clair, l’ordinateur tel que nous le connaissons et tel que nous l’avons connu, est voué à disparaitre… Là, je ne fais pas de politique (même si les “tablettes”, c’est super à la mode), seulement un constat. Je deviens pro-tablettes comme j’étais pro-ordis il y a 10 ans. Je suis simplement un inconditionnel de l’informatique à condition que ça soit bien fait !

En clair, ce qu’il faut retenir pour nous, pédagogues, c’est que l’on doit préparer nos élèves à utiliser ce nouvel outil !

Pour cela, je vous invite à “oublier” la fameuse salle informatique pleine de vieilles machines obsolètes. Faites- en une salle sciences, musique, arts, des fêtes ou encore une salle de yoga. Avec les classes tablettes, elle perd tout son sens !

Remplacez (faites remplacer…) ce matériel par une trentaine de tablettes ainsi qu’un chariot muni d’un câblage électrique permettant de connecter toutes les tablettes ensemble afin de les recharger lorsque le chariot est branché sur le secteur. Je sais que 30, ça fait beaucoup, surtout dit comme ça, mais quand une mairie peut acheter plus de 20 ordis, 30 tablettes c’est plus que faisable… Faut “juste” se battre avec le service “enfance-éducation”. Pour info, j’ai débuté avec 5 petites tablettes et c’était top pour du boulot en atelier.

Ensuite, vous devez familiariser les enfants avec les tablettes. Avant de pouvoir faire un travail efficace, il faut que les élèves aient dépassé le stade de “waouh, on va travailler sur des tablettes”. Sinon, ils passeront immanquablement à coté de votre séance. Aussi travaillée soit-elle. Passez donc un bon mois (de septembre…) à de la manipulation pour de la manipulation et surtout commencez le plus tôt possible (dès que les IO indiquent de débuter l’informatique) !

Reste le choix de la tablette. Là, c’est pas facile. Il y a les iPads (les plus célèbres) et les autres… 

A mon sens, avant de choisir, vous devez savoir ce que vous voulez en faire. Je vous proposerai des exemples de séances avec tablettes, ou encore des idées pour intégrer les tablettes dans vos séances, dans un prochain article. Parce que je peux pas aller plus vite que la zik…

Ou en étais-je ? Ah oui, choisir… Les choses importantes à savoir pour départager Apple et les “autres”:

Apple:

C’est beau, c’est simple, c’est intuitif, l’applithèque est énorme, c’est ultra cher (à capacité égale), c’est bridé (avec du Apple, que du Apple) et ça se périme en 2-3 ans.

Les autres:                                       Tous constructeurs (coup de cœur pour Archos), principalement sur Android de Google.

C’est beau aussi, ça devient simple, c’est intuitif (aussi), l’applithèque Google Play est correcte, c’est moins cher, on peut relier partout, ça se périme beaucoup moins vite…

Pour ma part, j’ai débuté mes classes tablettes avec des Archos et donc Google Play, c’était vraiment top. Et c’était mon choix. Depuis 2 ans, je suis sur iPads et je trouve pas mal de côtés positifs, même si le fait d’être “marié” à Apple me gêne beaucoup. Apple, c’est super simple, mais c’est une prison (dorée)…

Sur ce, ami(e)s de la pédagogie, à bientôt !

EMS.

#contribution 1: Ecrire un livre dont vous êtes le héros

Après des jours plus que chaotiques, il me semblait intéressant de reprendre par une contribution.

Cet article fait suite à un précédent que vous trouverez ici.

Ce très beau projet d’écriture nous est proposé par mister François, grand enseignant devant l’éternel et bien au-delà !

Voici le détail du pojet, décrit par l’auteur:

livre dont vous etes les heros

Salut aux mangeurs de salade !

Petit retour d’expérience en production d’écrits.

D’abord je tiens à abonder dans le sens de notre webmaster : c’est la motivation qui fait écrire.

Pourquoi se casser la tête à produire de l’écrit si c’est juste pour répondre à une consigne ? On va faire le boulot, rien de plus, juste pour le prof. Ce n’est pas ce qui nous intéresse.

Nous souhaitons les voir écrire en exprimant des idées, en décrivant une situation, etc… On veut voir passer ces mots de leurs têtes à la feuille. Encore faut-il qu’il y ait quelque chose qui germe dans ces têtes… D’où l’intérêt d’une situation motivante.

J’ai mis dans ma bibliothèque de classe quelques exemplaires d’albums dont vous êtes le héros (La planète aux 100 pièges, La vallée aux 100 prodiges…). Ça me rappelait les romans du même type de ma jeunesse lointaine. Devant leur succès, j’ai proposé d’en écrire un.

J’ai bien précisé que ce serait un projet long, voire très long, et que chacun devrait écrire beaucoup. Comme d’habitude ils préféraient le voir avant de le croire…

Qu’à cela ne tienne, nous voilà partis dans l’aventure : création en classe entière d’un personnage (Nadia, une brésilienne des favelas), d’une situation initiale (à la poursuite d’un billet emporté par le vent) qui la conduit face à 4 portes. Partage de la classe en 4 groupes afin de déterminer ce qui peut se trouver derrière chacune des portes.

On pose alors les impératifs de ce type d’écrit : chaque texte a pour obligation de prendre en compte le texte précédent, et doit proposer deux ou trois choix à notre héroïne pour la suite de son aventure. Il doit également tenir compte de son équipement, des caractéristiques de l’héroïne, de son but.

On a commencé à afficher les textes en arborescence sur un grand mur, dégarni pour l’occasion, en les numérotant. Les quatre premiers textes ont conduit à huit suivants (partage en 8 groupes), puis seize, etc… A partir de là, chaque élève est libre de continuer n’importe quelle partie du livre, seul ou par binôme; la motivation étant le seul impératif.

Comme il fallait aussi penser à terminer ce livre, un groupe s’est proposé d’écrire une fin heureuse, d’autres groupes ont proposé des fins plus tragiques (mais qui ramenaient tout de même Nadia, de manière magique, à son point de départ).

Afin de créer des boucles, j’ai commandé des textes avec fins imposées, dans le but de les rabouter à d’autres parties du texte que le lecteur pourrait ne pas explorer, et ainsi prolonger grandement la lecture.

Évidemment on ne peut pas oublier la syntaxe et la cohérence, alors je suis passé dans les groupes en apportant mon aide. Nous avons également retravaillé en groupe classe certains textes projetés pour les améliorer directement sur l’ordi (syntaxe, vocabulaire, cohérence,… tout y passait !). D’autres textes m’ont aussi été dictés.

Au final, une cinquantaine de textes pour créer une histoire bien délirante, et bien sympa à lire : Nadia et le Monde Mystérieux. (version numérique disponible sur demande, par email).

Je vous passe la fierté des mômes (et du prof) pour en venir au plus intéressant : 44 textes faits par 22 gamins, aucun en dessous de 15 lignes, certains très longs, toujours intéressants, sans qu‘aucun élève ne me demande “combien de lignes ?”. En relisant les textes, j’y ai même reconnu des éléments piochés dans des lectures du moment.

Un boulot de titan qui en vaut carrément la peine car l’objectif est atteint : faire produire de l’écrit par tous les élèves.

François C.

Un projet très motivant pour les élèves, faisant appel à de nombreuses compétences. Une vraie situation “active”. N’hésitez pas à me contacter pour avoir plus de documents sur ce super sujet.

EMS.

Bienvenue en 2015

Ça y est, la route de 2014 nous a conduit tout droit vers celle de 2015…

Avant de nous y engager plus en avant, tête baissée, je voulais faire un petit point rapide sur le métier d’enseignant en école primaire aujourd’hui: ses missions, son évolution de carrière, etc. En effet, nous essayons, pour la plupart, de faire évoluer nos pratiques pour les rendre plus “modernes” et “intéressantes”. Et pour cela, nous sommes poussés par notre motivation, tirés par certaines directives. Or, le “métier” en lui-même est censé évoluer (plus de 10 ans qu’on l’entend), alors qu’en est-il en ce début d’année 2015 ?

recrutement des PE

Tout d’abord, nous pouvons trouver une courte définition du métier sur le site du ministère: www.education.gouv.fr

Il y est écrit:

  • “Le professeur des écoles est un enseignant du premier degré. Il intervient en école maternelle et en école élémentaire où il dispense un enseignement polyvalent.” Jusque-là, rien de bien nouveau et c’est plutôt normal.

Il en va de même pour nos missions :

  • Les professeurs des écoles travaillent avec des enfants de 2 à 11 ans, c’est-à-dire de la première année de l’école maternelle à la dernière année de l’école élémentaire.
  • L’enseignement qu’ils dispensent est polyvalent : français, mathématiques, histoire et géographie, sciences expérimentales, langue vivante, musique, arts plastiques, activités manuelles et éducation sportive. Ce sont les contenus et les activités liés à toutes ces disciplines qu’ils sont amenés à organiser et à conduire avec leurs élèves.” Toujours rien de nouveau…

Si on jette un coup d’œil du côté de l’évolution de carrière nous pouvons y lire: Une vie professionnelle évolutive !

  • Exercer le métier de professeur ne signifie pas nécessairement enseigner toute sa vie, encore moins enseigner toute sa vie de la même manière. La liberté que lui laisse l’organisation de son travail permet à l’enseignant qui le désire d’exercer ses compétences au-delà de sa classe et de les élargir par l’animation d’activités périscolaires, la création de matériel pédagogique ou de logiciels éducatifs.

         Un professeur est amené à actualiser et à compléter ses connaissances tout au long de sa vie professionnelle. La                   formation continue et la promotion interne permettent aux enseignants qui le souhaitent d’évoluer dans l’exercice de leur métier ou                 de changer d’activités au sein de l’éducation nationale.

Ainsi, un professeur des écoles peut devenir :

  • directeur d’école
  • maître formateur
  • psychologue scolaire
  • enseignant spécialisé (ASH)
  • inspecteur de l’éducation nationale (IEN)
  • enseignant au collège ou au lycée en passant un concours interne
  • enseignant à l’étranger

Le détachement, la mise à disposition ou la disponibilité permettent aussi, pendant quelques années, d’exercer un métier différent…

Surprise !!! Rien n’a changé. Mêmes évolutions, mêmes missions, même définition du métier. Toujours la même façon d’évoluer : le concours. Seule la formation des PE a profondément été modifiée.

Alors, pourquoi ai-je quand même le sentiment que ça change un peu ! Eh bien, je pense que c’est parce que ce sont les enseignants qui font l’école, et non l’inverse. C’est notre travail qui change et qui a changé: nous changeons tout seul et nous évoluons tout seul !!!

Je sais que je suis parti loin pour en arriver là, mais je trouve ça beau de pouvoir progresser afin de proposer un enseignement du XXIème siècle alors que rien n’est vraiment fait pour… En gros, et pour faire simple, on ne peut compter que sur nous-même. La vraie vie à la dure !

sourire

En tout cas, moi, ça me met une pêche d’enfer ! La motiv’ est à fond !

Sur ce petit constat-rappel, bonne année 2015, et bon courage à tou(te)s !

 

EMS.

(Paul et Mickey)

Ça reste donc d’actualité:

teacher

 

 

La production d’écrits…

écrire avec la souris

Le chat de Philippe Geluck

Bon, aujourd’hui, je m’attaque à un gros morceau ! La production d’écrits.

En effet, j’en suis à ma 6ème école maintenant, et c’est toujours la même chanson. En début d’année, quand je lance une production d’écrits, la première question posée est: Combien doit-on écrire de lignes ?!!!

C’est dingue… En plus, quand je gère les premiers jets c’est tout pourri pour la majorité !

Alors, Comment, pourquoi, euh ???… 

Tout d’abord, ma première remarque serait que tous les enfants savent très bien ce qu’ils produisent: les “bons” savent qu’ils écrivent plutôt bien (et c’est vrai !!!) et les “moins bons” savent qu’ils écrivent de la m… (Et c’est vrai aussi !!!), ce qui amène forcément des tactiques d’évitement.

Ensuite, et c’est lié à la première remarque, quand il faut corriger, c’est vite le calvaire ! Pour les enfants, comme pour nous. Puisque qu’il y a des disparités énormes entre les élèves. Entre ceux qui n’ont presque rien à faire, ceux qui ont 2 pages à revoir, ceux qui ont seulement 3 lignes (mais avec des erreurs partout)… Là, la motiv’ en prend un sacré coup.

Et puis, et surtout: pourquoi écrire ? Surtout que la récré n’est plus très loin…

Bref, fort de ces constatations, je pratique depuis quelques années des P.E. en m’inspirant de la simulation globale.

Je pense d’ailleurs que Julien se rappellera notre projet d’écriture avec “Google doc”. Nous en avions parlé en commentaire ici.

Pour faire simple, il s’agit de créer un univers (prenant pour les enfants), de leur attribuer un personnage (à la façon des jeux de rôles) et de les faire interagir au gré du narrateur (c’est-à-dire nous).

Le but étant d’écrire, d’écrire et d’écrire encore ! Parce que c’est en écrivant qu’on devient écriv…

Le seul problème à l’horizon, c’est que vous allez devoir remettre en cause tout (ou presque) ce que vous faisiez avant (pire des cas…) concernant la conception d’un projet d’écriture, depuis l’impulsion jusqu’au rendu final en passant par les phases de corrections.

Je sais que ça fait un peu vendeur de poudre magique… Mais je vais vous montrer quelques exemples extraits de ma classe, cette année. Je ne vous montre que ceux qui avaient le plus de difficultés à rentrer dans l’écrit. Pour les autres, ça n’a pas vraiment changé : c’était bon et c’est resté bon !

Elève 1 (avant correction):

Elève 1

Elève 1, au bout d’un mois (avant correction):

Elève 1 au bout d'un mois

Elève 2 (avant correction):

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Elève 2, au bout d’un mois (avant correction):

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Elève 3 (avant correction):

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Elève 3, au bout d’un mois (avant correction):

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Cela me semble assez significatif ! Ils écrivent !!! Plus et de meilleure qualité.

Et je n’ai montré que 3 exemples, mais 100% des élèves qui avaient des grosses difficultés (au nombre de 7) ont énormément progressé. Pour les autres, les progrès sont également visibles, mais moins spectaculaires : c’était bon (voire excellent) et ça l’est resté !

Concernant la correction, Il faut vraiment “dé-diaboliser” cette étape. C’est lourd et ça peut être quasi insurmontable pour certains…

Pour cela, je vous conseille de poser quelques règles de départ:

1. On écrit uniquement au crayon à papier. Eux, comme moi !

2. J’use et j’abuse de ma gomme. Quand je me trompe ou pour faire des corrections

3. Je pense mon “écrit” avant d’écrire. L’enseignant circule beaucoup, au début, pour donner l’écriture des mots demandés par des élèves ou faire verbaliser les idées.

Attention ! Vous l’avez remarqué, les écrits deviennent conséquents. Ne vous noyez pas, corrigez en temps réel. J’interviens directement sur les écrits des élèves: je gribouille, je barre, j’ajoute un mot ou un petit conseil. Les élèves en tiennent compte en direct et se corrigent : ils gomment (mes conseils, mes corrections et leurs erreurs) et réécrivent !

Je vais vous mettre en ligne les docs que j’ai créés pour ce travail. Je suis bien évidemment dispo si vous avez des remarques ou si vous voulez mettre en place un projet de ce type. Ce n’est pas si lourd à mener et surtout, c’est vraiment payant. Y a enfin des trucs potables à corriger. C’est un peu rude dit comme ça, mais faut être réaliste. Corriger 3 lignes n’a aucun intérêt pour nous et encore moins pour les élèves. Surtout que bien souvent, ces 3 lignes ont été enfantées dans la douleur ! Alors, si en plus faut y revenir…

Encore trop souvent, le processus de correction est conçu comme la finalité d’un projet d’écriture. Or, une production d’écrits est avant tout une situation d’écriture. La correction étant “seulement” une partie du processus et surtout elle a plusieurs formes (cool, d’autres articles en perspectives) !

Alors, avant de lancer les élèves dans un projet souvent le pâle reflet de ce que font les adultes, demandons leur un travail d’enfant, avec les exigences qui vont avec. Ce n’est d’ailleurs rien d’autre que ce que l’on peut lire dans les IO !

 

Bonne écriture,

Bonnes vacances

de décembre,

Et à bientôt,

EMS.

Projet Shéma Narratif (cahier d’aventure):

1. Situation initiale: le Lieu et mon personnage et une banque de mots

2. Elément déclencheur: la lettre avec une aide

3. Les péripéties: départ et péripétie

4. Dénouement: solution ?

5. Situation finale: vous êtes libre (voici la mienne) !!!

Vous agrémentez de photos, de dessins, de lectures, et le tour est joué !

Le jour le plus court

Cette dernière semaine d’école sera pour moi l’occasion de vous présenter un évènement qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit du “jour le plus court“. C’est un festival de court métrages (films courts) que l’on sélectionne et que l’on projette dans les classes ou l’école à une date précise: lors du solstice d’hiver, c’est à dire le jour le plus court de l’année (= les soirées les plus longues !!!) à savoir le 21 décembre pour cette année. Attention, les écoles ont des dérogations pour pouvoir organiser des projections avant.

Depuis maintenant 4 ans, j’inscris mes classes et je propose à mes élèves (il y a eu des CM2, des CE1, des CE2 et des CM1 cette année) de visionner une sélection de courts métrage adaptés à leurs âges. Au début, je faisais ça seul, puis, de plus en plus de collègues sont intéressés. Généralement, on organise la journée en différents ateliers: visionnage, débat, création et l’on termine par un vote pour classer les courts métrages et leur décerner des “prix”, un peu façon festival de Cannes… Le classement 2013 fut un très bon cru ! Encore 1000 mercis Vinciane. En piste pour 2014.

Pour vous lancer, vous pouvez trouver des ressources pédagogiques toutes faites, directement sur le site du festival. C’est un peu léger, mais ça tiens la route et surtout, vous pouvez y mettre votre patte d’enseignant.

 

Une belle initiative du CNC, alors profitez-en !

EMS.

jour le plus court

Que se cache-t-il derrière la fiche de prép ???

apprendre

 

 

Aujourd’hui je voulais donner un conseil aux nouveaux, en revenant sur une discussion menée avec une collègue, il y quelque temps, au sujet de la fameuse fiche de préparation. On fait  la découverte de cette fiche à l’IUFM (ou en Master, maintenant), où elle est présentée, puis imposée et exigée lors des “inspections”. Or, cet outil garde une mauvaise réputation et surtout, elle n’est pas vraiment utilisée. Alors, pourquoi ??? 

Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’un acteur de théâtre de monter sur scène sans savoir son texte ? J’en vois qui couine ! Ok, il existe l’impro…

Mais alors, même dans ce cas, comment suis-je certains de garder mon fil conducteur ? Est-ce que je sais bien où je vais, en termes d’objectifs ?

Et c’est là où je veux en venir… Je sais que ça demande un peu de taff, mais c’est le seul outil qui nous permet de clarifier l’apprentissage qui va être mis en place. Car, si c’est clair dans notre tête, il y a plus de chance pour que ça le soit pour nos élèves (la réciproque étant vrai, aussi).

Maintenant, il faut reconnaitre qu’il est impossible de faire une fiche pour toutes les séances d’une journée. C’est là que les “guides du maitre” interviennent, avec, également les blogs de profs avec des séances clés en mains. Mais dans les deux cas, il faut s’approprier la fiche, la comprendre et l’adapter à sa pratique ! Parce que, ce qui fait que nous ne sommes pas des robots, de simples exécutants, c’est notre liberté pédagogique: C’est ça, ce qu’il y a derrière la fiche de prep !

La fiche de préparation doit permettre d’organiser les étapes de l’apprentissage que l’on va mettre en place. Elle s’appuie sur la théorie à laquelle on se rattache. Vous trouverez ici un petit rappel des principales.

Pour la présentation, vous êtes assez libre. Je vous donne un petit exemple, mais la meilleure, c’est celle que vous allez créer vous-même:

fiche de préparation

fiche de préparation

Pour finir, avec cet outil, je le trouve également assez top pour la différenciation. L’organisation est beaucoup plus efficace. Ce sera, d’ailleurs, le sujet d’un prochain article.

Ceci étant dit, faites-vous plaisir: c’est vous le maitre (ou la maitresse) !

EMS

Comment les TICEs changent les récrés

Un peu d’humour en cette semaine de remise de livrets…

 

les TICEs à l'école

 

A bientôt,

EMS

La vidéo peut-elle, doit-elle remplacer l’enseignant ?

vidéo 1

 

J’aimerai voir l’article d’aujourd’hui comme une longue suite de questions concernant l’utilité et l’utilisation de l’outil vidéo en classe. En effet, cela fait déjà plusieurs années que je m’interroge sur leur potentiel éducatif. Et avec l’essor des blogs d’enseignants et autres écoles en ligne (comme la Kahn Academy), je pense que le sujet est totalement d’actualité. J’ai quelques réponses, mais qui amènent d’autres questions… Alors, autant ouvrir le débat sur le “elearning”, en classe, en tant qu’enseignant :

 

Tout d’abord, la vidéo dans quel but ?

– Comme un document pour illustrer un point de ma séance ?

– Un récapitulatif de la “leçon” ?

– Une leçon en images ?

– Une séance en images pour que les élèves puissent revoir plus tranquillement les points posant question ?

– Comme un rappel des notions à savoir avant d’entamer une nouvelle séance ?

– Un bon moyen de “finir” le programme : les élèves découvrent et apprennent à la maison…???…

– comme soutien à l’élève, du différencié ?

 

Quel plus la vidéo va-t-elle apporter ?

– Les élèves apprennent mieux ?

– C’est plus fun, moins tradi ?

– Je n’aurais pas pu faire sans ?

 

Est-ce une évolution de l’apprentissage ?

– Apprend-on d’une vidéo ?

– Qu’en disent les chercheurs sur le plan cognitif, de la mémoire ?

– Quelle est la place du “direct” ?

– Va-t-on vers des séances du type visio-conférence ?

 

Et ma place d’enseignant ?

– Dois-je “disparaitre” pour filmer toutes mes séquences ?

– Faut-il donner une liste de “liens” YouTube aux élèves en guise de devoirs ?

– Quand je suis absent, une capsule vidéo peut-elle me remplacer ?

– Est-ce une réelle nouvelle façon d’enseigner ?

 

Du coté des élèves ?

– L’école s’arrête-t-elle un jour ?

– Est-ce que je comprends mieux au ralenti, au bout du neuvième (même) visionnage, dans mon canapé ?

– Et si je suis kinesthésique ?

– Et si je ne vais pas sur Internet ?

 

Que de questions !!! Je pourrai continuer ainsi encore un peu, mais voilà déjà un bon échantillon de ce qui me préoccupe. Etant plutôt un partisan du “je fais, je comprends”, les vidéos utilisées comme moyen d’apprentissage m’interroge. Et là, je m’en remets à mes lecteurs…

 

EMS

PS 1: Une petite introduction, discutable, au “elearnig”, pour découvrir l’idée:

PS2: En image, toujours discutable, mais en anglais !

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