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#contribution 1: Ecrire un livre dont vous êtes le héros

Après des jours plus que chaotiques, il me semblait intéressant de reprendre par une contribution.

Cet article fait suite à un précédent que vous trouverez ici.

Ce très beau projet d’écriture nous est proposé par mister François, grand enseignant devant l’éternel et bien au-delà !

Voici le détail du pojet, décrit par l’auteur:

livre dont vous etes les heros

Salut aux mangeurs de salade !

Petit retour d’expérience en production d’écrits.

D’abord je tiens à abonder dans le sens de notre webmaster : c’est la motivation qui fait écrire.

Pourquoi se casser la tête à produire de l’écrit si c’est juste pour répondre à une consigne ? On va faire le boulot, rien de plus, juste pour le prof. Ce n’est pas ce qui nous intéresse.

Nous souhaitons les voir écrire en exprimant des idées, en décrivant une situation, etc… On veut voir passer ces mots de leurs têtes à la feuille. Encore faut-il qu’il y ait quelque chose qui germe dans ces têtes… D’où l’intérêt d’une situation motivante.

J’ai mis dans ma bibliothèque de classe quelques exemplaires d’albums dont vous êtes le héros (La planète aux 100 pièges, La vallée aux 100 prodiges…). Ça me rappelait les romans du même type de ma jeunesse lointaine. Devant leur succès, j’ai proposé d’en écrire un.

J’ai bien précisé que ce serait un projet long, voire très long, et que chacun devrait écrire beaucoup. Comme d’habitude ils préféraient le voir avant de le croire…

Qu’à cela ne tienne, nous voilà partis dans l’aventure : création en classe entière d’un personnage (Nadia, une brésilienne des favelas), d’une situation initiale (à la poursuite d’un billet emporté par le vent) qui la conduit face à 4 portes. Partage de la classe en 4 groupes afin de déterminer ce qui peut se trouver derrière chacune des portes.

On pose alors les impératifs de ce type d’écrit : chaque texte a pour obligation de prendre en compte le texte précédent, et doit proposer deux ou trois choix à notre héroïne pour la suite de son aventure. Il doit également tenir compte de son équipement, des caractéristiques de l’héroïne, de son but.

On a commencé à afficher les textes en arborescence sur un grand mur, dégarni pour l’occasion, en les numérotant. Les quatre premiers textes ont conduit à huit suivants (partage en 8 groupes), puis seize, etc… A partir de là, chaque élève est libre de continuer n’importe quelle partie du livre, seul ou par binôme; la motivation étant le seul impératif.

Comme il fallait aussi penser à terminer ce livre, un groupe s’est proposé d’écrire une fin heureuse, d’autres groupes ont proposé des fins plus tragiques (mais qui ramenaient tout de même Nadia, de manière magique, à son point de départ).

Afin de créer des boucles, j’ai commandé des textes avec fins imposées, dans le but de les rabouter à d’autres parties du texte que le lecteur pourrait ne pas explorer, et ainsi prolonger grandement la lecture.

Évidemment on ne peut pas oublier la syntaxe et la cohérence, alors je suis passé dans les groupes en apportant mon aide. Nous avons également retravaillé en groupe classe certains textes projetés pour les améliorer directement sur l’ordi (syntaxe, vocabulaire, cohérence,… tout y passait !). D’autres textes m’ont aussi été dictés.

Au final, une cinquantaine de textes pour créer une histoire bien délirante, et bien sympa à lire : Nadia et le Monde Mystérieux. (version numérique disponible sur demande, par email).

Je vous passe la fierté des mômes (et du prof) pour en venir au plus intéressant : 44 textes faits par 22 gamins, aucun en dessous de 15 lignes, certains très longs, toujours intéressants, sans qu‘aucun élève ne me demande “combien de lignes ?”. En relisant les textes, j’y ai même reconnu des éléments piochés dans des lectures du moment.

Un boulot de titan qui en vaut carrément la peine car l’objectif est atteint : faire produire de l’écrit par tous les élèves.

François C.

Un projet très motivant pour les élèves, faisant appel à de nombreuses compétences. Une vraie situation “active”. N’hésitez pas à me contacter pour avoir plus de documents sur ce super sujet.

EMS.

Mais si, c’est de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire !

Le sujet abordé aujourd’hui est, comme le titre l’indique, la conjugaison… He oui, depuis les IO de 2008, la conjugaison est intégrée à l’apprentissage de l’orthographe, de la grammaire et du vocabulaire. Mais pourquoi donc me direz-vous ? Ma réponse serait: mais pourquoi donc si tard ? Euh…

Pour comprendre ma “réponse”, il faut que je remonte à mes années IUFM (2001) ! A cette époque, notre enseignante de français, qui se nommait Carole TISSET, nous enseignait (ou plutôt tentait de nous présenter à nous autres débutants) les dernières nouveautés didactiques. C’est donc par son intermédiaire que j’ai découvert d’une part que tout je que j’avais appris en français pouvais être remis fortement en question(s) et surtout, d’autre part, que l’on pouvait enseigner différemment “d’avant” ! J’ai donc fait mon entrée dans le métier avec deux belles grosses incertitudes. La classe ! Etant plutôt un adepte du questionnement de la question et de la recherche de réponses, ce fut une belle expérience.

Je vais essayer de vous donner un petit aperçu de ces fameuses nouveautés avec le cas de la conjugaison. Let’s go !!!

 

Commençons par les contradictions ! Pour la majorité des gens, la conjugaison pourrait se résumer à ça:

conjugaison1

 

Ce bouquin recense 12 000 verbes, pour chaque verbe il y a 100 formes (96 formes + 2 infinitifs + 2 participes), ce qui fait potentiellement 1 200 000 formes à connaitre. Le cauchemar !

Et pourtant, cet outils a priori destiné à “l’expert” (= celui qui maitrise les règles de conjugaison et qui l’utilise comme un “dictionnaire”), se retrouve utilisé comme un outil d’apprentissage !!?!!? Petite contradiction ?

 

Et à ça:

Tous les verbes se regroupent en 3 groupes: les verbes du 1er groupe se terminant par “er”, les verbes du second groupes qui se terminent par “ir” et font “issons” avec le pronom “nous”, et le 3ème groupe contenant tous les autres…

Or, d’après les spécialistes, le savoir qui consiste à dire si un verbe est du 1er (verbes du type « chanter »), du 2ème (verbes du type « finir ») ou du 3ème groupe (tous les autres) est totalement inutile, pour les raisons suivantes :

  • C’est un faux classement: Si le premier groupe a une réelle existence et une réelle efficacité puisque les verbes réguliers en -er sont extrêmement nombreux (11500 sur 12 000 verbes environ en français contemporain), le deuxième groupe est très restreint et n’a pas une grande fréquence d’utilisation alors que le troisième groupe est totalement artificiel et hétéroclite, regroupant des verbes très fréquents mais sans aucun repère de fonctionnement.
  • Reconnaître qu’un verbe est du troisième groupe ne dit pas comment il se conjugue. On se trompe d’objectif à chaque fois qu’on privilégie l’étiquetage plutôt que l’usage.

 

La réponse apportée pour lever ces contradictions est de rechercher les régularités du système. Parce que ce système est régulier à 80% (voir lien en fin d’article). Ce qui change dans le verbe, c’est d’abord  le radical ! On en revient donc a un problème de vocabulaire…

On peut ainsi constituer trois ensembles :

  • Les douze verbes les plus fréquents : être, avoir, faire, dire, aller, pouvoir, voir, savoir, vouloir, devoir, venir, falloir à savoir par cœur.
  • Les verbes réguliers en –er (du type « chante ») ou en –ir (du type « ouvrir ») qui sont simples et très nombreux (11500) mais pas d’un usage très fréquent : ce sont les verbes dits en « e » (cf 1ère personne).
  • Les autres verbes dont le type « finir » (150 environ) et le type « prendre » (150 environ) : ce sont les verbes dits en « s » (cf 1ère personne).

 

conjugaison2

 

Cela pourrait se traduire en classe par une activité de tri sur un corpus choisi de phrases, suivi d’un classement avec repérage des régularités. A l’issue de ces séances, on peut créer un document ressemblant à ce que j’appelle le conjugatron (à plastifier pour pouvoir manipuler). Voici un exemple de ce que j’ai obtenu avec ma classe de CM1 après deux séances sur le futur:

conjugaison3

 conjugatron-futur

Il faut ensuite entrainer les élèves à utiliser cet outil, lors de réinvestissements judicieusement choisis !

Jusque-là, je trouve cette méthode plus intuitive, logique et surtout beaucoup plus simple pour les enfants. Perso, je trouve ça génial. Et le top du top, c’est quand la méthode est installée dès le début (à ce niveau, ça devient une prog de cycle) ! Ainsi les élèves savent trier, classer, ordonner,… Bref, utiliser des outils linguistiques. On est dans l’étude de la langue et dans les programmes de 2008. Sauf que c’est ce que j’ai appris en 2001… Comme on dit, mieux tard…

Voilà pour ce petit exemple, au passage je remercie Mme Tisset pour ses cours cours toujours très (trop) intéressants et vous conseille au passage la lecture de ce livre:

conjugaison4

Il est rouge comme l’autre, mais beaucoup plus digeste !

Maintenant, le débat est tout vert. Si vous avez des questions, j’ai des réponses… Si vous avez des réponses, j’ai des questions… Essayons de voir si ça peut coller !

Dans tous les cas, à

bientôt pour d’autres

petites idées pédagogiques.

EMS

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