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Les cartes de conjugaison : le Bata-Verbe

Bonjour à tou(te)s !

Aujourd’hui :

Voici un jeu que j’ai créé il y a quelque temps maintenant pour que mes élèves puissent tester leur connaissance concernant l’accord des formes vernales. L’idée était qu’ils comprennent qu’accorder revenait à mettre au même niveau…

L’exemplaire d’aujourd’hui concerne les formes du présent pour les verbes en “e”, en “s” et ceux qui doivent être connu au cycle 3.

On y joue à la manière d’une bataille. Le but étant de “rafler” (faut aller vite…) le maximum de cartes, soit dans un temps imparti, soit jusqu’à épuisement du stock. C’est à vous de voir en fonction du profil de vos joueurs…

Le Comment : chaque joueur dispose de 10 cartes en mains, face visible. Le reste constitue la pioche.

Ensuite, on pioche une carte dans le tas de “pioche” et on la retourne face visible au milieu.

Celui qui dispose de la “paire” de la carte, doit la poser le plus vite possible à côté :

Si l’accord est bon, on vérifie en retournant les cartes, les niveaux colorés doivent être égaux :

J’ai piqué cette idée au jeu de bataille “batawaf”, merci les gars 🙂

Si l’accord est bon, le gagnant prend les cartes et les place à côté de lui. Attention, s’il y a plus de 2 joueurs, il faut être le plus rapide…

Si l’accord n’est pas bon, on remballe les cartes dans la pioche et on en reprend des nouvelles, afin d’en avoir toujours 10 dans les mains (tant que cela est possible) !

On continue ainsi jusqu’à la fin…

Pour définir la fin de la partie, vous avez 2 options : soit les élèves vont jusqu’à l’épuisement de la pioche, soit on fixe un temps limite (genre entre 8 et 10 min) et dans tous les cas, ils vérifient celui qui a le plus de cartes !

Perso, je préfère utiliser la limite temporelle, mais c’est au choix.

Voici un exemplaire de cartes pour vous faire une idées :

Télécharger (PDF, 88KB)

N’hésitez pas à me faire des retours !

Et voilà le “deck” complet :

Télécharger (ZIP, 1.61MB)

Bonnes parties !

Ami(e)s de la pédagogie,

à bientôt,

EMS.

Mais si, c’est de la grammaire, de l’orthographe et du vocabulaire !

Le sujet abordé aujourd’hui est, comme le titre l’indique, la conjugaison… He oui, depuis les IO de 2008, la conjugaison est intégrée à l’apprentissage de l’orthographe, de la grammaire et du vocabulaire. Mais pourquoi donc me direz-vous ? Ma réponse serait: mais pourquoi donc si tard ? Euh…

Pour comprendre ma “réponse”, il faut que je remonte à mes années IUFM (2001) ! A cette époque, notre enseignante de français, qui se nommait Carole TISSET, nous enseignait (ou plutôt tentait de nous présenter à nous autres débutants) les dernières nouveautés didactiques. C’est donc par son intermédiaire que j’ai découvert d’une part que tout je que j’avais appris en français pouvais être remis fortement en question(s) et surtout, d’autre part, que l’on pouvait enseigner différemment “d’avant” ! J’ai donc fait mon entrée dans le métier avec deux belles grosses incertitudes. La classe ! Etant plutôt un adepte du questionnement de la question et de la recherche de réponses, ce fut une belle expérience.

Je vais essayer de vous donner un petit aperçu de ces fameuses nouveautés avec le cas de la conjugaison. Let’s go !!!

 

Commençons par les contradictions ! Pour la majorité des gens, la conjugaison pourrait se résumer à ça:

conjugaison1

 

Ce bouquin recense 12 000 verbes, pour chaque verbe il y a 100 formes (96 formes + 2 infinitifs + 2 participes), ce qui fait potentiellement 1 200 000 formes à connaitre. Le cauchemar !

Et pourtant, cet outils a priori destiné à “l’expert” (= celui qui maitrise les règles de conjugaison et qui l’utilise comme un “dictionnaire”), se retrouve utilisé comme un outil d’apprentissage !!?!!? Petite contradiction ?

 

Et à ça:

Tous les verbes se regroupent en 3 groupes: les verbes du 1er groupe se terminant par “er”, les verbes du second groupes qui se terminent par “ir” et font “issons” avec le pronom “nous”, et le 3ème groupe contenant tous les autres…

Or, d’après les spécialistes, le savoir qui consiste à dire si un verbe est du 1er (verbes du type « chanter »), du 2ème (verbes du type « finir ») ou du 3ème groupe (tous les autres) est totalement inutile, pour les raisons suivantes :

  • C’est un faux classement: Si le premier groupe a une réelle existence et une réelle efficacité puisque les verbes réguliers en -er sont extrêmement nombreux (11500 sur 12 000 verbes environ en français contemporain), le deuxième groupe est très restreint et n’a pas une grande fréquence d’utilisation alors que le troisième groupe est totalement artificiel et hétéroclite, regroupant des verbes très fréquents mais sans aucun repère de fonctionnement.
  • Reconnaître qu’un verbe est du troisième groupe ne dit pas comment il se conjugue. On se trompe d’objectif à chaque fois qu’on privilégie l’étiquetage plutôt que l’usage.

 

La réponse apportée pour lever ces contradictions est de rechercher les régularités du système. Parce que ce système est régulier à 80% (voir lien en fin d’article). Ce qui change dans le verbe, c’est d’abord  le radical ! On en revient donc a un problème de vocabulaire…

On peut ainsi constituer trois ensembles :

  • Les douze verbes les plus fréquents : être, avoir, faire, dire, aller, pouvoir, voir, savoir, vouloir, devoir, venir, falloir à savoir par cœur.
  • Les verbes réguliers en –er (du type « chante ») ou en –ir (du type « ouvrir ») qui sont simples et très nombreux (11500) mais pas d’un usage très fréquent : ce sont les verbes dits en « e » (cf 1ère personne).
  • Les autres verbes dont le type « finir » (150 environ) et le type « prendre » (150 environ) : ce sont les verbes dits en « s » (cf 1ère personne).

 

conjugaison2

 

Cela pourrait se traduire en classe par une activité de tri sur un corpus choisi de phrases, suivi d’un classement avec repérage des régularités. A l’issue de ces séances, on peut créer un document ressemblant à ce que j’appelle le conjugatron (à plastifier pour pouvoir manipuler). Voici un exemple de ce que j’ai obtenu avec ma classe de CM1 après deux séances sur le futur:

conjugaison3

 conjugatron-futur

Il faut ensuite entrainer les élèves à utiliser cet outil, lors de réinvestissements judicieusement choisis !

Jusque-là, je trouve cette méthode plus intuitive, logique et surtout beaucoup plus simple pour les enfants. Perso, je trouve ça génial. Et le top du top, c’est quand la méthode est installée dès le début (à ce niveau, ça devient une prog de cycle) ! Ainsi les élèves savent trier, classer, ordonner,… Bref, utiliser des outils linguistiques. On est dans l’étude de la langue et dans les programmes de 2008. Sauf que c’est ce que j’ai appris en 2001… Comme on dit, mieux tard…

Voilà pour ce petit exemple, au passage je remercie Mme Tisset pour ses cours cours toujours très (trop) intéressants et vous conseille au passage la lecture de ce livre:

conjugaison4

Il est rouge comme l’autre, mais beaucoup plus digeste !

Maintenant, le débat est tout vert. Si vous avez des questions, j’ai des réponses… Si vous avez des réponses, j’ai des questions… Essayons de voir si ça peut coller !

Dans tous les cas, à

bientôt pour d’autres

petites idées pédagogiques.

EMS