La slackline à l’école primaire

Ça va être un article équilibré ! Depuis le temps que je devais mettre cette séquence en ligne…

Voilà de quoi vous mettre en appétit:

Maintenant, c’est à votre tour. Ou plutôt à celui de vos élèves !!! Voici un document que j’ai conçu et que j’utilise pour ma séquence de slack.

Télécharger (PDF, 1.16Mo)

Vous trouverez ici un petit tuto pour installer une slack: C’est fait par “Gibbon“. J’ai aucun lien avec eux, mais c’est bien fait !

 

Voici les bases en images:

 

Et pour finir, de quoi faire le plein de motiv’ !

En vous souhaitant de bonnes séances d’EPS, ami(e)s de la pédagogie, à bientôt.

EMS

Evaluer à l’école #1: créer une évaluation

évaluation

 

Pour créer une évaluation, il faut d’abord partir des IO (on y revient toujours) afin d’avoir l’intitulé exact de la compétence ou des compétences (évitez le trop…) que vous allez évaluer. A défaut, vous reprenez la formulation écrite dans votre livret (mon cas), si elle diffère un peu des IO. Ça, c’est pour que vous soyez cohérent avec votre livret.

Je vais prendre comme exemple les compléments circonstanciels, vu que je viens de finir ma séquence d’apprentissage, qui faisait suite à celle sur les C.O. D’ailleurs, l’idéal est de construire votre évaluation au moment où vous concevez votre séquence. Comme ça, c’est plus clair dans votre tête… Mais, bon, j’dis ça, j’dis rien… Bref, concernant les compléments, les IO disent et préconisent pour les CM1:

Dans une phrase simple où l’ordre sujet-verbe est respecté : reconnaître les compléments circonstanciels de lieu, de temps.

Et également:

Comprendre la notion de circonstance : la différence entre complément d’objet et complément circonstanciel (manipulations).

A partir de là, il faut regarder ce qui est exigé pour les élèves: de la reconnaissance, de la compréhension, de C.C. de temps et de lieu et surtout, dans le cas de la deuxième compétence, avoir travaillé sur les C.O. ! (D’où l’utilité de préparer en amont… Je radote)

Maintenant, vous allez devoir choisir les “documents” sur lesquels les élèves vont s’exercer. Généralement, ce que je leur demande ressemble pas mal à ce sur quoi nous avons travaillé, pour éviter l’effet de surprise… Rappelez-vous (ici) que nous ne sommes pas là pour les piéger ! La forme de ces documents va dépendre de ce que vous aimez. Pour ma part, j’aime bien quand ça va vite, que c’est clair et diversifié. Je conçois également mes évals sur une trentaine de minutes.

Voici les quatre documents retenus:

exercice 1

Dans cet exercice, je demande un petit rappel du cours sur les C.O. et sur nos manips.

exercice 2

Dans celui-ci, c’est toujours un rappel de cours, mais on est dans de l’observation de phrases.

exercice 3

Ici, je vérifie que c’est compris et qu’il n’y pas de confusion avec les C.O.

exercice 4

Pour finir, de la reconnaissance en situation d’analyse grammaticale.

Je fais un aparté sur les manipulations (dont parle les compétences): comme c’est des manip’ j’en fais en tant que “rituels” sur l’ardoise. J’évalue également ce travail, mais quotidiennement avec un petit tableau classique (nom/compétence). Je referme cette petite parenthèse parce que voici venu le temps de la mise en page !!!

Pourquoi est-ce important ? He ben parce que ça va mettre les élèves dans l’ambiance, faciliter leur travail, mais aussi votre travail de correction… Généralement, j’utilise une présentation assez sobre pour ne pas gêner les élèves. Et cette “maquette” est la même tout au long de l’année, Ensuite y a plus qu’à y glisser vos exos. Pour moi, ça donne un truc de ce style:

Télécharger (PDF, 46KB)

Vous aurez noté que les compétences écrites sont différentes de celles des IO, mais c’est pour “coller” avec notre livret. Par ailleurs, vous avez surement remarqué que la longueur des exos était variable. Normal, puisqu’il s’agit d’évaluer leur compétence, c’est- à-dire leur capacité et leur compréhension. J’utilise donc le code A, AR, ECA et NA (ou 4, 3, 2 et 1, ici, pour des raisons d’homogénéisation avec l’équipe) qui, pour moi, est le plus pertinent. Le pourquoi de ce choix sera détaillé ultérieurement.

Voili, voilou, j’espère avoir été clair sur ce sujet.

Sur ce, ami(e)s de la pédagogie, à bientôt !

EMS

 PS: Pour ceux que ça intéresse, je fais passer une partie des évaluations sur tablettes (ou ordinateurs) et les élèves remplissent un fichier PDF modifiable. On travaille un peu le B2i par la même occasion…

Evaluer à l’école

Aujourd’hui, je démarre un sujet sensible: évaluer à l’école !

évaluation

Gros débat ! Il y a les “pour” et les “contre”. Alors, je vais trancher… Evidemment qu’il faut évaluer !!! C’est même, à ma connaissance, le seul moyen de vérifier que nous, nous faisons notre travail correctement et que les élèves aussi. C’est d’ailleurs dans le mot: évaluer ! C’est-à-dire vérifier quelque chose.

Le problème vient de ce que l’on va entendre par évaluer. Pour moi, c’est un outil de mesure du travail accompli par l’enseignant et les élèves. Ça permet de savoir si les leçons sont apprises, si les compétences sont acquises, mais également si notre travail va dans la bonne direction. Notre travail ne se résume surement pas à enchainer les séquences (séances puis évaluation) tout au long de l’année.

C’est grâce aux évaluations que l’on va pouvoir mettre en place des remédiations, de la différenciation (futur article) ou encore du travail “avancé” (pour les élèves ayant tout pigé du premier coup). Et ça, ça se mesure ou du moins ça se vérifie par un temps d’observation dédié de la part de l’enseignant. Pour être efficace, on ne peut pas utiliser le pifomètre ou le “je les connais bien, je sais de quoi ils sont capables”…

Maintenant, l’évaluation peut revêtir plusieurs formes allant de “l’interro” classique (on recrache des savoirs « savants ») à “l’écriture d’un blog” (évaluation de compétences du B2i, du français,…) en passant par “l’exposition” d’arts-visuels. Là-dessus, je pense qu’il faut être super créatif.

Personnellement, je varie beaucoup pour ne pas m’ennuyer, ennuyer les élèves et surtout parce qu’à mon sens l’évaluation n’est que par compétences.

Une fois d’accord sur son utilité et ce que l’on va en faire, la BIG difficulté va être de créer cette évaluation (mon prochain article). Cette évaluation doit EVALUER. Ça semble évident, et pourtant, c’est bien souvent, plutôt une sanction. Or on ne peut rien faire avec ça !

Il faut cibler les compétences à évaluer, éviter de trop évaluer. Si par exemple vous évaluez la technique opératoire de la soustraction, mettez des opérations, pas des « problèmes » de soustractions. Ce ne sont pas les mêmes compétences…

En gros, pour résumer, il faut éviter ceci :

évaluation foirée...

 Tout le monde voit bien qu’ici, l’évaluation tombe à coté… Et pourtant, on a tous fait ça ! Moi le 1ier, à mes débuts. Mais ça m’arrive beaucoup moins…

Ensuite, pour finir, il faut penser l’évaluation dans un sens positif ! Avoir 90 % de réussite à une éval, n’est pas le signe de « c’était trop facile » (et donc je vais me venger la prochaine fois), mais veut plutôt dire que ça a marché ! Mon éval était claire et faisable. Rappelez-vous, nous sommes là pour faire réussir les élèves, pas pour les piéger ! Imaginez-vous qu’on vous demande de construire un meuble « ikeeeeeaaaa » et qu’on s’amuse à enlever des feuilles dans la notice ou à planquer les outils…

Sur ce, ami(e)s de la pédagogie !

EMS

PS: Et je n’ai pas parlé des notes… Mais ça va venir !

Nettoyage du capteur de l’appareil photo

Aujourd’hui, une aide pour le nettoyage du capteur de votre appareil photo (ceux avec objectifs interchangeables). Je me permets vous en parler parce que, si le sujet parait anodin, il est pourtant assez essentiel… Le capteur est ce qu’il y a de plus précieux sur votre appareil (à peu près les 2/3 du prix de la machine), il se sali assez vite (selon les conditions), et  il existe beaucoup d’infos sur le net assez peu pertinentes.

Bref, pour ma part, j’ai pas mal cherché avant de me lancer dans la manip ! Je ne suis du genre à faire de la chirurgie à l’aveugle.

Avant de vous lancer, vous devez localiser le problème. Evitez au maximum d’ouvrir votre appareil !

 

Avant de commencer, il me semble bon de rappeler que l’appareil doit être nettoyé (dépoussiéré) après chaque utilisation. Ça évite déjà les grosses poussières (du style poils noirs tordus) sur vos photos. Ceci étant précisé, vous devez nettoyer quand vous apercevez des “saletés” récurrentes sur vos photos, comme des poils (encore), des petits points noirs ou des taches.

En voici un exemple (points et taches noires):

taches capteur

Voici la procédure (bien évidemment sous votre responsabilité, vous êtes grand maintenant), à faire en intérieur, SANS courants d’air:

1. Commencez par utiliser la fonction de nettoyage de votre appareil photo (cela va faire “vibrer” votre capteur). Si le problème persiste, étape 2…

2. Si cela fait toujours comme des poils sur vos photos, ce sont probablement des poussières sèches. Essayez donc de nettoyer l’extérieur de l’objectif avec le chiffon fourni avec votre appareil. Faites un test photo pour voir si cela a suffi.

3. Si cela persiste, éteignez votre appareil, puis dévissez votre objectif et maintenez l’intérieur de l’objectif vers le bas et corps de l’appareil également avec l’ouverture orientée vers le bas afin qu’aucune poussière ambiante ne rentre. A l’aide d’une “poire” de ce type (ci-dessous), soufflez à l’intérieur de l’objectif pour déloger les éventuelles poussières. Faites de même sur le capteur de votre appareil (toujours orienté vers le bas). Refermez avec précaution et refaite un test.

 

poire lenspen

Poire Lenspen (environ 10€)

4. Le cas des taches… Il s’agit a priori de poussières grasses sur votre capteur. Vous allez devoir nettoyer directement votre capteur. A ce niveau, je vous reprécise que l’opération peut rayer votre capteur si vous vous y prenez comme un manche. Ce ne sont donc que des conseils de ma part !!!

Le matos

bâtonnets et liquide pour environ 30€

bâtonnets et liquide pour environ 30€

Vérifiez que votre appareil photo est éteind, et au boulot…

avec précaution

avec précaution

 

Comme un schéma vaut mieux qu’un long discours, voici une petite vidéo:

 

Voilà, j’espère que ce petit article vous sera utile.

A bientôt,

EMS

Permis piéton

Cette semaine je vais vous parler du permis piéton. Une initiative sympa qui permet de valider les compétences d’instruction civique concernant la “sécurité routière”:

sécurité routière

Il s’agit du site www.permispieton.com ! Il faut s’inscrire de manière individuelle pour ouvrir un compte et pouvoir “jouer”. J’en profite pour demander à mes élèves de m’envoyer, par email, la confirmation de leur inscription. Cela fait travailler les compétences du B2i…

Je dois préciser que tous mes élèves possèdent une adresse email et l’utilisent régulièrement puisque je leur donne des informations par ce biais. Je ferai d’ailleurs un article sur des outils sympas pouvant être utilisés pour que les élèves se familiarisent avec l’outil informatique.

Bref, une fois le compte créé, les enfants peuvent commencer ! Tout d’abord, un jeu est proposé: il faut faire avancer un enfant dans les rues d’une ville en évitant tous les dangers potentiels.

Ensuite, il y a des documents à lire en ligne, suivi de quizz pour vérifier les connaissances. Les questions font penser au code de la route…

Ces quizz, portant sur 4 thèmes, donnent des points. Je me sers de ce site comme d’une évaluation. Je fixe des paliers de points correspondants aux niveaux de l’évaluation. Voici un exemple de correspondance points/notes pour ma classe (à adapter avec le profil de votre classe, bien évidemment):

bilan > 10 000 c’est la note 1

5 000 < bilan < 10 000 c’est la note 2

1000 < bilan < 5000 c’est la note 3

bilan < 1 000 c’est la note 4

Le barème est donné dès le début aux élèves, et ils ont 2 semaines pour le compléter. 

Les enfants sont maitres de leur progression et peuvent tout finir en 2 jours…

Quand ils ont fini, ils doivent prendre une capture d’écran de leurs résultats et me l’envoyer par email (B2i, B2i…) afin que je puisse valider leurs évaluations.

Ce site est très bien fait, clair, simple d’utilisation et les phrases ne sont pas trop complexes. Et c’est gratuit !

Mes élèves ont adoré le fait de pouvoir se valider tout en jouant. Et surtout de pouvoir décider de leur vitesse pour effectuer cette évaluation.

Voilà pourquoi je voulais partager ça avec vous.

Ami(e)s de la pédagogie, à bientôt !

EMS

Trouver sa voix

Dans ce nouvel article, je vais vous parler de l’outils principal de l’enseignant, à savoir sa voix !

Ce sera également l’occasion de lancer une nouvelle rubrique concernant la santé des enseignants.

KliniK

Votre voix est votre instrument de travail. Pas de voix, pas de classe ! Or nous l’utilisons quotidiennement et surtout longtemps.

On “tire” beaucoup dessus en début de carrière, puis, l’expérience venant, cela vient de façon plus ponctuelle mais inévitable lors d’une année scolaire (moment de discipline, reprise d’école, sortie scolaire,…) alors voici quelques conseils pour la protéger.

Tout d’abord, il faut savoir que la rentrée est toujours assez violente pour les cordes vocales (classe sympa ou pas) car l’on passe d’une utilisation “normale” pendant les vacances, à un moment où il va beaucoup falloir expliquer. Vous devez donc anticiper ce moment en alternant, dans votre programme de rentrée, les phases d’explications avec des phases ou vous serez au repos (vocalement) et donc les élèves en activités. Adoptez dès le début un ton “bas” car il faut que les élèves s’habituent très vite à se taire pour entendre, plutôt qu’ils sachent “travailler” dans le bruit. Vous n’arriverez jamais à vous faire entendre en parlant plus fort. Les enfants s’habitueront seulement à bosser dans le bruit. N’oubliez pas qu’ils sont une 20aine et que vous êtes seul(e)… Boire des boissons chaudes (thé, infusion) durant les deux premières semaines, pendant la classe, n’est pas totalement idiot. Au pire vous irez plus aux toilettes pendant les récrés…

Ensuite, entrainez-vous à donner des consignes simples, claires et courtes. Evitez les longs discours ! Rappelez-vous: “Plus vous enseignez et moins ils apprennent“. Instaurez des règles de discussion en fonction du mode de travail (petit groupe, groupe classe, individuel, groupes d’échanges, débats, etc.) pour que les élèves apprennent aussi à utiliser leur voix.

Lorsque vous menez une séance, évitez de créer votre propre bruit en privilégiant la règle du moindre bruit: comme par exemple, lorsque vous avez fini une explication, ne dites pas “vous avez compris ?” parce que vous allez avoir une tonne de “OOUUUUUIIIIII !!!!”, demandez plutôt “qui n’a pas compris ?”. Il devrait y avoir moins de réponses (sauf si votre explication était à ch…). Dans tous les cas, faites-les utiliser leurs doigts avant de parler !

Pour terminer, prenez soin de vous de manière général: sommeil, nutrition, sport (pour la respiration et la gestion de l’effort) et surtout protégez votre voix. Si vous avez très mal à la gorge ou même des extinctions de voix, allez voir votre médecin. Ce n’est pas normal. Même pour les bébés profs !

Comme d’hab, si vous avez des questions ou des idées à partager, ou si vous voulez une aide précise, n’hésitez pas.

Ami(e)s de la pédagogie,

Salut !

EMS.

PS: voici un document assez bien fait pour aller plus loin sur le sujet (d’après EduSCOL)

Situation problème (1)

Dans ce petit article, je vais vous présenter une situation problème menée la semaine dernière dans ma classe. Cela me permettra d’illustrer le précédent article (ici). Avant de commencer, je voulais revenir (grâce aux bons conseils d’une collègue) sur la définition de “problème” car elle pose problème… Dans le tableau ci-dessous, Gérard De Vecchi (chercheur en sciences de l’éducation) résume assez bien le propos :

Gérard De Vecchi (extrait de conférence)

 

 

On voit très bien que ce que l’on appelle communément des problèmes, ne sont en réalités que des exercices permettant de réinvestir la règle étudiée: les exercices servent à s’exercer, alors que résoudre un problème c’est inventer un “chemin” (merci Gérard).

Le deuxième point important, après la définition, c’est qu’une situation problème peut se faire dans tous les domaines. 

En voici un petit exemple, en français…

Voici le cadre: Mon but est de travailler sur le participe passé. Je propose à mes élèves de transposer un texte à l’imparfait (la séquence est finie), en glissant dans le petit texte le “problème” suivant: “Les gens marchent dans les rues encombrées de voitures.”

Une fois le travail fini, nous faisons une mise en commun pour se corriger et la phrase ci-dessus devient: “Les gens marchaient dans les rues encombraient de voitures.”

Au bout de quelques secondes des mains se lèvent pour affirmer leur désaccord. Deux clans vont alors se former. Ceux qui affirment que “encombrer” est un verbe, alors il faut le conjuguer; Et ceux qui pensent qui pensent que non, mais qui ne savent pas trop ce que ça peut être…

Voilà ma situation-problème !

Pour trouver une solution, je m’inspire du protocole suivant:

 

IREM

 

 

Pour la recherche, les élèves ont maintenant beaucoup d’outils à leur disposition: les outils de grammaire (cf article précédent), dictionnaires, passer à la traduction dans une autre langue (mes élèves sont bilingues), etc.

Les élèves travaillent en groupes et doivent se mettre d’accord pour donner une réponse.

 

Le bilan a montré ceci:

– La nature de “encombrer”, c’est d’être un verbe.

– Son rôle (sa fonction) n’est pas d’être un verbe, mais un adjectif.

– La forme “adjectivale” d’un verbe s’appelle… Le participe passé !

La phrase va donc s’écrire:  “Les gens marchaient dans les rues encombrées de voitures.”

Ce petit bilan est allé tout droit dans les traces écrites de la classe ! Affaire à suivre…

Pour finir cet article, je voulais terminer par un petit conseil à ne pas oublier:

Les élèves ne répondent vraiment qu’aux questions qu’ils se posent !

Ami(e)s de la pédagogie, Salut !

EMS

 

Une situation problém(atiqu)e ?

situation problème

Pour entamer l’article d’aujourd’hui, je voudrais citer une phrase qui me plait beaucoup et qui fait un peu partie de la philo de ce blog: “Plus vous enseignez, moins ils apprennent !”

Je pense que ça résume assez bien notre quotidien. En effet, qu’on le veuille ou non, faire une séance façon cours “magistral” ne marche pas (même dans les “beaux” quartiers). Les rapports et autres études sont assez nombreux sur ce sujet. En gros, en faisant ça, on “joue” à enseigner et les élèves “jouent” à apprendre. Tout le monde fait semblant et c’est bien plus simple comme ça !

Et c’est bien là le fond de la question: cette simplicité recherchée par tous ! Or, elle n’est qu’apparente. 

On va d’abord se mettre d’accord sur le terme simplicité. Il faut entendre “y” passer le moins de temps possible pour le meilleur résultat (ça s’appelle le rendement) ! Du côté de l’enseignant cela se traduira par: “je ne vais pas y passer mes week-ends et mes vacances”. Et du coté des élèves ce serait plutôt du: “Qu’est-ce que je fous ici, alors qu’il fait si beau ailleurs ?”… Bref, personne ne veut faire le “vrai” boulot. 

Parce qu’en définitif, on se plaint que les élèves ne pigent rien et n’apprennent pas (nos belles évals à l’appui) ; Et les élèves sont complètement largués (en majorité) à cause des notions non véritablement acquises. Il n’y a qu’à regarder les résultats nationaux aux différentes évaluations et ex-évaluations pour voir que question rendement, c’est plutôt mauvais pour tout le monde…

Je n’ai malheureusement pas THE baguette magique (parce que la magie n’existe pas) mais UN début de réponse:

Ce sont les situations problèmes !

Il s’agit de mettre les élèves en situation d’apprentissage par le biais de vraies situations problèmes. Je sais, ce n’est pas nouveau… Hé ben si ! Parce que la plupart des méthodes ou des écoles en faisant (soi-disant), ne sont pas de vraies situations problèmes pour les enfants (je vous invite à lire, ici, les propos de Meirieu). 

C’est pourquoi, le mot que vous allez devoir garder en tête lors de vos préparations est le mot “sens” ! En effet, c’est ce qui fait souvent défaut à nos situations d’apprentissages, qui, au maximum, en ont pour nous… Et encore… Dire: c’est dans les programmes ! Ne suffit pas à y mettre LE sens, malheureusement. En effet, il faut que nos séances aient le même sens pour nous et pour nos élèves, sinon c’est à sens unique…

L’idée de base est simple, puisqu’il s’agit pour les élèves d’atteindre un but “atteignable”, en mobilisant au passage les compétences que nous avons ciblé (au moins). C’est donc le “chemin” parcouru par l’enfant, qui va être important. Et le top, c’est que vous pouvez créer des situations dans toutes les domaines, pour toutes les compétences et à tous les niveaux du primaire au secondaire, et même plus. Seule votre imagination sera votre limite !

Pour vous aider dans cette tâche, voici deux “livres de chevet”:

situations problèmes 1

Des exemples et des idées !

situations problèmes 2

Un petit condensé de la démarche…

Pour ma part, ce qui me plait dans cette démarche, c’est que c’est surtout anti-chiant à préparer et que mes élèves sont à 2oo%. Et ça, c’est important pour moi, puisque je suis plutôt un adepte de l’efficacité. Et puis, je trouve assez intéressant l’idée de concevoir l’apprentissage comme étant une recherche (très guidée) pour l’élève. 

Pour ceux que ça intéresse, je peux donner des séances, des idées, de l’aide, suffit de demander. Mais ça ne remplacera jamais votre précieux travail !

Pour terminer, je crois qu’il faut que l’on soit bien d’accord avec que le fait que chacun (enseignant et élève) doit se retrousser les manches ! Attendez, ne partez pas, j’ai pas fini (y a encore des lignes en-dessous). Ensuite, NOUS (enseignants) nous allons devoir faire le premier “pas”, hé oui (si on attend que les enfants commencent)… Revenez, j’ai toujours pas fini. Et pour finir, va falloir avoir un bon rendement: vous voyez que vous avez bien fait de rester !!! Mais quand je parle de rendement, c’est de celui avec un grand R… Celui qui veut dire: n’en faites pas une tonne parce que vous êtes ultra-motivé, restez dans votre sujet !

Sur cette petite note finale, ami(e)s de la pédagogie,

à bientôt !!!

EMS.

Utiliser les N.O.P. en classe (2)

Le “cas” des tablettes !

tablette-tactileIl est temps de poursuivre un sujet entamé il y a quelques semaines à propos de l’utilisation des nouveaux outils pédagogiques en classe (consultable ici). Dans la première partie je vous faisais part de mon intérêt pour les tableaux numériques, ou à défaut un vidéo-pro. Aujourd’hui je vais vous parler des tablettes tactiles.

Faisant partie de plusieurs projets pilotes en classes tablettes depuis bientôt 3 ans, je voulais faire un premier “gros” retour sur mon expérience.

Tout d’abord, pourquoi utiliser des tablettes ? Pour répondre à cette question, je vais m’appuyer sur le “bon sens”: c’est plus simple, plus intuitif, tactile et surtout moins encombrant ! Bref, c’est mieux qu’un ordinateurs traditionnel pour tout ce qui concerne nos tâches quotidiennes comme la lecture d’emails, l’utilisation de traitement de textes, l’écoute de musique ou encore la lecture de livres ou de vidéos (tout ce que l’on utilise à l’école).

Ensuite, il faut savoir que depuis la fin 2013, en France, les ventes de tablettes on dépassées celles des PC. D’après un article paru dans une revue économique puis relié par certains blogs (lien ici). En clair, l’ordinateur tel que nous le connaissons et tel que nous l’avons connu, est voué à disparaitre… Là, je ne fais pas de politique (même si les “tablettes”, c’est super à la mode), seulement un constat. Je deviens pro-tablettes comme j’étais pro-ordis il y a 10 ans. Je suis simplement un inconditionnel de l’informatique à condition que ça soit bien fait !

En clair, ce qu’il faut retenir pour nous, pédagogues, c’est que l’on doit préparer nos élèves à utiliser ce nouvel outil !

Pour cela, je vous invite à “oublier” la fameuse salle informatique pleine de vieilles machines obsolètes. Faites- en une salle sciences, musique, arts, des fêtes ou encore une salle de yoga. Avec les classes tablettes, elle perd tout son sens !

Remplacez (faites remplacer…) ce matériel par une trentaine de tablettes ainsi qu’un chariot muni d’un câblage électrique permettant de connecter toutes les tablettes ensemble afin de les recharger lorsque le chariot est branché sur le secteur. Je sais que 30, ça fait beaucoup, surtout dit comme ça, mais quand une mairie peut acheter plus de 20 ordis, 30 tablettes c’est plus que faisable… Faut “juste” se battre avec le service “enfance-éducation”. Pour info, j’ai débuté avec 5 petites tablettes et c’était top pour du boulot en atelier.

Ensuite, vous devez familiariser les enfants avec les tablettes. Avant de pouvoir faire un travail efficace, il faut que les élèves aient dépassé le stade de “waouh, on va travailler sur des tablettes”. Sinon, ils passeront immanquablement à coté de votre séance. Aussi travaillée soit-elle. Passez donc un bon mois (de septembre…) à de la manipulation pour de la manipulation et surtout commencez le plus tôt possible (dès que les IO indiquent de débuter l’informatique) !

Reste le choix de la tablette. Là, c’est pas facile. Il y a les iPads (les plus célèbres) et les autres… 

A mon sens, avant de choisir, vous devez savoir ce que vous voulez en faire. Je vous proposerai des exemples de séances avec tablettes, ou encore des idées pour intégrer les tablettes dans vos séances, dans un prochain article. Parce que je peux pas aller plus vite que la zik…

Ou en étais-je ? Ah oui, choisir… Les choses importantes à savoir pour départager Apple et les “autres”:

Apple:

C’est beau, c’est simple, c’est intuitif, l’applithèque est énorme, c’est ultra cher (à capacité égale), c’est bridé (avec du Apple, que du Apple) et ça se périme en 2-3 ans.

Les autres:                                       Tous constructeurs (coup de cœur pour Archos), principalement sur Android de Google.

C’est beau aussi, ça devient simple, c’est intuitif (aussi), l’applithèque Google Play est correcte, c’est moins cher, on peut relier partout, ça se périme beaucoup moins vite…

Pour ma part, j’ai débuté mes classes tablettes avec des Archos et donc Google Play, c’était vraiment top. Et c’était mon choix. Depuis 2 ans, je suis sur iPads et je trouve pas mal de côtés positifs, même si le fait d’être “marié” à Apple me gêne beaucoup. Apple, c’est super simple, mais c’est une prison (dorée)…

Sur ce, ami(e)s de la pédagogie, à bientôt !

EMS.

#contribution 1: Ecrire un livre dont vous êtes le héros

Après des jours plus que chaotiques, il me semblait intéressant de reprendre par une contribution.

Cet article fait suite à un précédent que vous trouverez ici.

Ce très beau projet d’écriture nous est proposé par mister François, grand enseignant devant l’éternel et bien au-delà !

Voici le détail du pojet, décrit par l’auteur:

livre dont vous etes les heros

Salut aux mangeurs de salade !

Petit retour d’expérience en production d’écrits.

D’abord je tiens à abonder dans le sens de notre webmaster : c’est la motivation qui fait écrire.

Pourquoi se casser la tête à produire de l’écrit si c’est juste pour répondre à une consigne ? On va faire le boulot, rien de plus, juste pour le prof. Ce n’est pas ce qui nous intéresse.

Nous souhaitons les voir écrire en exprimant des idées, en décrivant une situation, etc… On veut voir passer ces mots de leurs têtes à la feuille. Encore faut-il qu’il y ait quelque chose qui germe dans ces têtes… D’où l’intérêt d’une situation motivante.

J’ai mis dans ma bibliothèque de classe quelques exemplaires d’albums dont vous êtes le héros (La planète aux 100 pièges, La vallée aux 100 prodiges…). Ça me rappelait les romans du même type de ma jeunesse lointaine. Devant leur succès, j’ai proposé d’en écrire un.

J’ai bien précisé que ce serait un projet long, voire très long, et que chacun devrait écrire beaucoup. Comme d’habitude ils préféraient le voir avant de le croire…

Qu’à cela ne tienne, nous voilà partis dans l’aventure : création en classe entière d’un personnage (Nadia, une brésilienne des favelas), d’une situation initiale (à la poursuite d’un billet emporté par le vent) qui la conduit face à 4 portes. Partage de la classe en 4 groupes afin de déterminer ce qui peut se trouver derrière chacune des portes.

On pose alors les impératifs de ce type d’écrit : chaque texte a pour obligation de prendre en compte le texte précédent, et doit proposer deux ou trois choix à notre héroïne pour la suite de son aventure. Il doit également tenir compte de son équipement, des caractéristiques de l’héroïne, de son but.

On a commencé à afficher les textes en arborescence sur un grand mur, dégarni pour l’occasion, en les numérotant. Les quatre premiers textes ont conduit à huit suivants (partage en 8 groupes), puis seize, etc… A partir de là, chaque élève est libre de continuer n’importe quelle partie du livre, seul ou par binôme; la motivation étant le seul impératif.

Comme il fallait aussi penser à terminer ce livre, un groupe s’est proposé d’écrire une fin heureuse, d’autres groupes ont proposé des fins plus tragiques (mais qui ramenaient tout de même Nadia, de manière magique, à son point de départ).

Afin de créer des boucles, j’ai commandé des textes avec fins imposées, dans le but de les rabouter à d’autres parties du texte que le lecteur pourrait ne pas explorer, et ainsi prolonger grandement la lecture.

Évidemment on ne peut pas oublier la syntaxe et la cohérence, alors je suis passé dans les groupes en apportant mon aide. Nous avons également retravaillé en groupe classe certains textes projetés pour les améliorer directement sur l’ordi (syntaxe, vocabulaire, cohérence,… tout y passait !). D’autres textes m’ont aussi été dictés.

Au final, une cinquantaine de textes pour créer une histoire bien délirante, et bien sympa à lire : Nadia et le Monde Mystérieux. (version numérique disponible sur demande, par email).

Je vous passe la fierté des mômes (et du prof) pour en venir au plus intéressant : 44 textes faits par 22 gamins, aucun en dessous de 15 lignes, certains très longs, toujours intéressants, sans qu‘aucun élève ne me demande “combien de lignes ?”. En relisant les textes, j’y ai même reconnu des éléments piochés dans des lectures du moment.

Un boulot de titan qui en vaut carrément la peine car l’objectif est atteint : faire produire de l’écrit par tous les élèves.

François C.

Un projet très motivant pour les élèves, faisant appel à de nombreuses compétences. Une vraie situation “active”. N’hésitez pas à me contacter pour avoir plus de documents sur ce super sujet.

EMS.